Olivier Faure dépité : même sa mère regarde CNews malgré ses tentatives de dissuasion
Par Rudy Levasseur
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a confié ne pas parvenir à détourner sa propre mère de CNews, chaîne qu'il qualifie d'extrême droite.

C'est une confidence qui en dit long, peut-être plus que son auteur ne l'imaginait. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a reconnu publiquement son impuissance face à un phénomène qui le dépasse : sa propre mère continue de regarder CNews, malgré ses tentatives répétées de l'en dissuader. La chaîne d'information en continu, que le patron du PS range dans la catégorie des médias d'extrême droite, aurait donc conquis un téléspectatrice au sein même de la famille Faure.
Un aveu familial, un symptôme politique
L'anecdote, confiée par Olivier Faure lui-même, a de quoi faire sourire. Elle a surtout de quoi faire réfléchir. Car si le premier secrétaire du PS n'arrive pas à convaincre sa mère de changer de chaîne, comment prétend-il convaincre les électeurs populaires, que la gauche a vu s'éloigner élection après élection, de revenir vers elle ? Le fossé qui sépare le discours socialiste des préoccupations d'une partie des Français ne se mesure pas seulement dans les urnes : il s'invite désormais à la table familiale des dirigeants de gauche.
CNews, lancée sous le nom d'i-Télé avant son repositionnement, s'est imposée ces dernières années comme l'une des chaînes d'information les plus regardées de France, en donnant une place centrale aux thèmes de l'insécurité, de l'immigration et de l'identité. Des sujets que la gauche de gouvernement a longtemps traités avec méfiance, quand elle ne les disqualifiait pas purement et simplement. Le succès de la chaîne peut se lire comme la conséquence directe de ce désèrement éditorial : à délaisser les questions qui fâchent, la gauche a laissé le champ libre à ceux qui acceptaient de les traiter.
Le qualificatif d'extrême droite, arme à double tranchant
En qualifiant CNews de chaîne d'extrême droite, Olivier Faure s'inscrit dans une stratégie désormais classique à gauche : désigner le média plutôt que répondre à ce qu'il diffuse. Or cette méthode montre ses limites, et l'aveu du patron du PS en est la démonstration involontaire. Invalider une chaîne n'empêche pas les gens de la regarder, pas même quand l'invalideur est leur propre fils. Les téléspectateurs qui zappent sur CNews ne se reconnaissent pas dans l'étiquette d'extrême droite qu'on colle à leurs programmes favoris ; beaucoup y voient simplement une antenne qui parle de ce qu'ils vivent.
Plutôt que de s'interroger sur les raisons pour lesquelles des millions de Français, y compris dans les milieux populaires et les familles de cadres socialistes, trouvent sur cette chaîne un écho à leurs inquiétudes, la tentation reste forte, à gauche, de pathologiser l'audience. C'est plus confortable. C'est aussi électoralement stérile.
Ce que révèle cette colère
Au fond, la colère d'Olivier Faure est moins anecdotique qu'il n'y paraît. Elle dessine le vrai problème de la social-démocratie française : un parti qui ne parvient plus à imposer ses cadres de lecture, même dans son propre camp social, même dans son propre cercle intime. La bataille culturelle, que la droite identitaire mène depuis des années et que CNews incarne à l'antenne, la gauche la mène encore avec des anathèmes. Le résultat est là, dans le salon de la mère du premier secrétaire du PS : la télévision reste allumée, et ce n'est pas sur la bonne chaîne.
Si Olivier Faure veut vraiment éteindre CNews, ce n'est pas en sermonnant sa mère qu'il y parviendra, mais en proposant aux Français une offre politique et médiatique capable de rivaliser. Pour l'heure, c'est la chaîne qu'il dénonce qui gagne, y compris à domicile.
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