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Rima Hassan accusée d'avoir renversé les drapeaux d'Israël et de l'UE au Parlement européen

Par Clarence Azolina

François-Xavier Bellamy accuse l'eurodéputée LFI Rima Hassan d'avoir jeté à terre les drapeaux israélien et européen installés au Parlement européen lors d'un hommage aux victimes du 7 octobre 2023.

Rima Hassan accusée d'avoir renversé les drapeaux d'Israël et de l'UE au Parlement européen

Des accusations qui secouent Strasbourg

L'affaire a éclaté lundi au Parlement européen, et elle promet de rebondir. L'eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy accuse sa collègue de La France insoumise, Rima Hassan, d'avoir renversé les drapeaux d'Israël et de l'Union européenne installés dans l'enceinte du Parlement, dans le cadre d'une exposition en hommage aux victimes de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

« Ce soir, à l'occasion d'une commémoration du 7 octobre, devant les photos des victimes, Rima Hassan a jeté à terre le drapeau européen et le drapeau israélien », a écrit l'élu de droite sur X, en publiant une photographie montrant les deux étendards au sol.

Il convient de rappeler le cadre factuel : à ce stade, aucune image de vidéosurveillance n'a été rendue publique. Selon l'entourage de François-Xavier Bellamy, des témoins auraient assisté à la scène et les images du Parlement permettraient de la confirmer. L'institution pourrait prochainement publier ces enregistrements. Cette précision n'enlève rien à la gravité des accusations : elle rappelle simplement que la présomption d'innocence vaut pour tous, y compris pour une élue avec laquelle les désaccords politiques sont profonds.

Une demande de sanction et des réactions nombreuses

Dans l'Hémicycle, François-Xavier Bellamy a demandé que Rima Hassan soit « sanctionnée sans délai », qualifiant le geste présumé d'« indignité » visant à la fois l'Union européenne et la mémoire des victimes du 7 octobre.

L'eurodéputée italienne Pina Picierno, à l'origine de l'exposition, a réagi avec une vigueur particulière. Elle accuse Rima Hassan d'avoir préféré « cinq minutes de célébrité à la décence la plus élémentaire », transformant l'installation en « séance photo » devant des caméras qu'elle aurait elle-même amenées. « Même les photographies des victimes ne peuvent l'empêcher d'exploiter la tragédie à des fins publicitaires et de promouvoir l'antisémitisme. Une honte sans fin », a-t-elle ajouté sur X.

D'autres élus sont allés plus loin dans leurs accusations. Céline Imart, eurodéputée LR, affirme ainsi que Rima Hassan aurait « piétiné et vandalisé » les drapeaux.

Le mot de profanation est posé

Hors de l'hémicycle, Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, a dénoncé une « double indécence », en prenant soin de conditionner son propos à l'établissement des faits. « Il ne s'agit pas seulement de provocation, mais de profanation », a-t-il déclaré.

Cette distinction compte. Si les faits sont avérés, jeter au sol des drapeaux devant les portraits des victimes d'un massacre terroriste ne relève ni d'une prise de position politique sur le conflit israélo-palestinien, ni d'une expression parlementaire maladroite. On peut critiquer la politique du gouvernement israélien, défendre la cause palestinienne, débattre des résolutions de l'ONU : c'est l'ordinaire démocratique. S'en prendre à un hommage rendu aux victimes du 7 octobre, à leurs photographies et à leurs symboles, c'est franchir une autre frontière, celle du respect dû aux morts.

Une élue et une stratégie de la provocation

L'accusation portée contre Rima Hassan s'inscrit dans un parcours qui interroge. L'eurodéputée insoumise a fait de la cause palestinienne le cœur de son engagement public, ce qui est son droit. Mais la méthode pose question : selon Pina Picierno, des caméras auraient été amenées sur les lieux de l'incident présumé. Si cette précision se confirmait, elle donnerait corps à ce que dénoncent ses détracteurs : une politique du coup d'éclat, où la provocation calculée prime sur le travail parlementaire, et où chaque controverse alimente une notoriété construite sur le conflit plutôt que sur le débat d'idées.

Reste la question institutionnelle. Le Parlement européen dispose désormais, selon l'entourage de François-Xavier Bellamy, d'images de vidéosurveillance susceptibles d'établir les faits. Leur publication attendue permettra de trancher : soit elles confirmeront les accusations et la demande de sanction prendra tout son poids, soit elles démentiront et il appartiendra aux accusateurs d'en tirer les conséquences. Sur un sujet aussi sensible que la mémoire des victimes du 7 octobre, l'établissement précis des faits n'est pas une formalité. C'est la condition d'un débat public qui ne soit pas livré aux seules polémiques de réseaux sociaux.

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