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Ali Rabeh, maire de Trappes, met en cause le RN et CNews à l'hommage à Pengo Bossio Wangi

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Vendredi à Trappes, le maire Génération.s a salué la victime de l'attentat raciste, puis accusé le RN d'avoir transmis la haine. Le parti conteste toute responsabilité et dénonce une récupération politique de la gauche.

Le maire de Trappes,Ali Rabeh, rendant hommage à Pengo Bossio Wangi, ce vendredi 30 octobre au soir. Photo : BFMTV
Le maire de Trappes,Ali Rabeh, rendant hommage à Pengo Bossio Wangi, ce vendredi 30 octobre au soir. Photo : BFMTV

Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a rendu hommage vendredi 30 octobre à Pengo Bossio Wangi, Français noir de 26 ans tué le 23 octobre dans l'attentat raciste des Yvelines, avant de mettre en cause le Rassemblement national, Jordan Bardella, Marine Le Pen et CNews. Il s'exprimait à 18 heures, place des Merisiers, devant plusieurs milliers de personnes, 12 000 selon les organisateurs.

Le RN conteste toute responsabilité dans le passage à l'acte et dénonce une récupération politique de la gauche. Mis en examen jeudi 29 octobre et placé en détention provisoire, le suspect a affirmé n'être adhérent ou sympathisant d'aucun parti et a fait état de problèmes psychologiques et psychiatriques. Des autocollants à la gloire du RN ont toutefois été retrouvés à son domicile, selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen.

À lire aussi : Attentat de Trappes : le député LFI Thomas Portes exige la fermeture de CNews · Yannick Jadot veut un écran noir d'une heure sur CNews à chaque propos raciste à l'antenne

Ce qu'Ali Rabeh a dit de Pengo Bossio Wangi

La foule a observé une minute de silence, sous haute sécurité : huit entrées autour de la place, une fouille pour chacun. La famille du jeune homme était présente. Une adjointe au maire et une infirmière de Trappes ont pris la parole avant l'élu. Pengo Bossio Wangi s'entraînait à l'Atch Academy, un club de MMA, et il est mort sur le trottoir qui borde une aire de jeu.

« Ses proches le décrivent comme un jeune homme solaire, avenant, joyeux, un travailleur, un passionné de sport qui voulait en faire son métier », a déclaré Ali Rabeh. « C'était un fils, un frère, un ami. Il ne méritait ni les balles, ni la haine de son assassin. » L'attaque a aussi fait sept blessés, dont une fillette de 12 ans grièvement touchée à La Verrière, commune voisine.

Pourquoi le maire de Trappes accuse le RN et CNews

Le discours a ensuite pris un tour politique. « Le Rassemblement national a assuré la transmission de la haine à travers les décennies », a lancé le maire, qui reproche au parti d'avoir « livré aux chiens » sa ville. Jordan Bardella et Marine Le Pen ont été hués à chaque évocation de leurs noms. L'élu a aussi repris les mots du suspect, pour qui Trappes était « un repaire d'islamistes ».

Selon Olivier Christen, cet homme a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes (...) de type musulman ou africain ou nord-africain ». Ali Rabeh remonte de là jusqu'au président du RN : « Quand Jordan Bardella décrit Trappes comme "une République islamique en miniature" ; quand il exhorte les siens à "rendre Trappes à la France" (...), que fait-il d'autre que de presser ses troupes à passer à l'acte ? »

Le suspect avait été mis en examen la veille. À la tribune, la responsabilité politique était déjà attribuée. Le maire s'en est également pris à CNews et à l'« empire médiatique » de Vincent Bolloré. Il a exhorté les médias « libres » à « tenir la digue » et à « assumer de fermer (leurs) antennes aux racistes condamnés », puis reproché aux Républicains d'avoir « fissuré la digue ». L'ouvrage aura beaucoup servi vendredi.

Ali Rabeh a enfin demandé aux parlementaires de pénaliser la diffusion de la théorie du « grand remplacement », déjà visée sur France Inter le même jour. Jordan Bardella a réagi sur X : « Si je comprends bien, la gauche veut criminaliser le ressenti d'au moins 60 % des Français, qui constatent une "transformation démographique profonde". Sauf si c'est pour s'en réjouir, évidemment. »

Qui était présent au rassemblement de Trappes ?

La Ville de Trappes appelait à un rassemblement populaire contre le racisme et l'islamophobie, avec le soutien de la LDH, de SOS Racisme, de la CGT et de la CFDT. Au premier rang se tenaient Jean-Luc Mélenchon (LFI), Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Olivier Faure et Ségolène Royal. Ces responsables nationaux sont restés en retrait : aucun n'a parlé depuis la scène, laissée aux Trappistes et à leur maire.

Ali Rabeh ne vient pas de LFI : il a quitté le PS en 2017 pour suivre Benoît Hamon à Génération.s, dont il a été co-coordinateur national jusqu'en août 2025, et il a été réélu dès le premier tour en mars 2026, avec 55,61 % des voix. Cet homme de gauche a invoqué Jacques Chirac et son refus de toute alliance avec l'extrême droite. Au premier rang, personne n'avait le micro pour discuter la référence.

Le maire a aussi réclamé aux responsables politiques un engagement à faire barrage à l'extrême droite à la présidentielle, et s'est adressé aux électeurs tentés par le RN : « Si vous choisissez Marine Le Pen pour exprimer votre colère, vous choisissez de nous mettre en danger ! » Aucun programme d'intervenants n'avait été communiqué à l'annonce du rassemblement. Le passage sur 2027 n'a donc contredit aucun engagement.

Deux hommages séparés et une plainte contre Marine Le Pen et Jordan Bardella

Deux heures plus tôt, vers 16 heures, quelques centaines de personnes s'étaient réunies devant l'hôtel de ville de La Verrière, à l'appel du maire divers droite Nicolas Dainville. Édouard Philippe, Valérie Pécresse et Pierre Bédier y étaient présents. L'élu y a décrit le racisme comme « un poison qui fracture notre société » et a qualifié l'attaque d'attentat raciste.

Le même vendredi, l'une des victimes a déposé plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et CNews pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime d'atteinte aux personnes, selon une plainte consultée par l'AFP. Il ne s'agit à ce stade que d'une plainte. Le gouvernement a de son côté annoncé un hommage national présidé par Sébastien Lecornu, dont nous n'avons pas trouvé la date.

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