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Nantes : les CRS libèrent la fac du Tertre occupée par des étudiants depuis le 7 octobre

Par Roman Thill

Samedi 10 octobre 2026 à l'aube, des dizaines de fourgons de CRS sont intervenus sur le campus du Tertre, à Nantes, pour évacuer le bâtiment Censive, occupé par des étudiants depuis le 7 octobre.

Nantes : les CRS libèrent la fac du Tertre occupée par des étudiants depuis le 7 octobre

Des dizaines de fourgons de CRS ont investi, samedi 10 octobre 2026 à l'aube, le campus de la faculté du Tertre à Nantes. Objectif de l'opération : libérer le bâtiment Censive, occupé par des étudiants depuis le 7 octobre, rapporte Ouest-France.

Une évacuation sans heurts majeurs

Les policiers se sont chargés d'enlever les chaises et les tables qui bloquaient les entrées du bâtiment. L'intervention s'est déroulée dans le calme, sans grande résistance de la part des étudiants encore présents à cette heure matinale. Quelques militants ont crié des slogans au moment de l'évacuation : « Vous pouvez nous arrêter mais vous ne tuerez pas… », relate Ouest-France sur place.

Le choix d'une opération à l'aube relève d'une tactique éprouvée : surprendre les occupants, limiter les affrontements et éviter l'afflux de renforts extérieurs. On peut s'interroger, à rebours, sur le délai de trois jours qu'il aura fallu entre le début de l'occupation et l'intervention. Trois jours durant lesquels un bâtiment public, financé par l'impôt, était soustrait à sa vocation première : enseigner.

Des dégâts chiffrés en milliers d'euros

Selon le récit d'Ouest-France, les dégâts constatés à l'intérieur du bâtiment se chiffrent en milliers d'euros. « Ils ont tout détruit à l'intérieur », témoigne le quotidien, qui a pu observer les lieux après l'évacuation. La facture, elle, ne sera pas réglée par les occupants : elle le sera par l'université, donc in fine par les contribuables et les étudiants qui verront des moyens absorbés par des réparations plutôt que par la pédagogie.

C'est là que le discours militant se heurte au réel. Occuper une faculté au nom d'une cause, quelle qu'elle soit, revient à pénaliser d'abord ceux que l'on prétend défendre : les étudiants privés de cours, les personnels dépossédés de leurs outils de travail, et une collectivité sommée de payer la casse.

Le rituel des occupations, une impasse répétée

Ce scénario n'a rien d'inédit dans les universités françaises. Blocus, occupation, barricades de mobilier, dégradations, puis évacuation par les forces de l'ordre : la séquence se répète d'année en année, souvent avec la même issue. La question que les présidences d'université et les pouvoirs publics ne tranchent jamais vraiment est celle de la célérité. Laisser s'installer un squat dans un bâtiment public, c'est tolérer qu'une minorité s'arroge un droit de veto sur le fonctionnement d'un service auquel accèdent des milliers d'étudiants.

L'évacuation de samedi matin, menée sans blessés ni incident notable, démontre qu'une intervention rapide et bien préparée est possible. Reste à savoir si des poursuites suivront pour les dégradations constatées. C'est souvent là que tout se joue : sans réponse judiciaire, l'occupation devient un mode d'action sans coût, et donc un mode d'action appelé à recommencer.

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