Traitée de « grosse salope » par un dirigeant de la FDSEA, Marine Tondelier exige des excuses
Le président de la FDSEA de l'Oise a insulté Marine Tondelier dans un message publié sur Facebook. La secrétaire nationale des Ecologistes demande des excuses publiques.

Le monde agricole a décidément un problème avec les formes. Le président de la FDSEA de l'Oise, syndicat majoritaire chez les exploitants, a traité Marine Tondelier de « grosse salope » dans un texte publié sur Facebook. Une insulte crasse, sexiste, indéfendable. La secrétaire nationale des Ecologistes a aussitôt exigé des excuses publiques, et l'affaire a fait le tour des rédactions ce vendredi.
Une insulte qui dessert tout le monde
Précisons d'emblée : ce n'est pas parce qu'on est en désaccord avec le fond qu'il faut tolérer la forme. Insulter une élue, quelle qu'elle soit, en ces termes, c'est se disqualifier soi-même avant même d'avoir commencé à débattre. Le dirigeant syndical a offert sur un plateau à Tondelier ce qu'elle n'aurait jamais osé espérer : le costume de la victime, taillé sur mesure.
Car le fond du dossier méritait mieux qu'un dérapage de comptoir. Entre les Ecologistes et le monde paysan, le contentieux est réel et ancien : normes environnementales toujours plus lourdes, guerre déclarée aux pesticides, discours moralisateurs sur l'élevage. Les agriculteurs ont de solides raisons de contester cette ligne politique. Encore faut-il le faire avec des arguments, pas avec des insultes dignes d'un vestiaire.
Le syndrome de la victime professionnelle
Côté Tondelier, la mécanique est rodée. Exiger des excuses, dénoncer le sexisme systémique, occuper l'espace médiatique. On connaît la partition. La cheffe des Ecologistes, qui ne rate jamais une occasion de fustiger la « violence » de ses adversaires, trouve ici une occasion en or de détourner l'attention du fond : sa vision de l'agriculture, que la majeure partie de la profession rejette.
Reste une question simple. Pourquoi un responsable syndical, censé porter la voix de milliers d'exploitants, offre-t-il à ses adversaires une telle munition ? La colère paysanne est légitime. Sa traduction en insultes sexistes ne l'est pas, et elle ne sert que ceux qu'elle prétend combattre.
La FDSEA sommée de réagir
La balle est désormais dans le camp de la FNSEA, maison mère du syndicat. Des excuses semblent inévitables, une sanction interne probable. Quant à Marine Tondelier, elle surfe déjà sur l'affaire. Tout le monde perd. Sauf elle.
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