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Fusillade de Trappes : un mort et une fillette de 12 ans entre la vie et la mort, Aymeric Caron somme Marine Le Pen de se taire

Par Roman Thill

Un homme de 39 ans a tué un passant de 26 ans et blessé plusieurs personnes, dont une fillette de 12 ans, ce vendredi à Trappes et La Verrière. Quelques heures plus tard, le député Aymeric Caron a sommé Marine Le Pen de se taire, l'accusant d'avoir « nourri » le tueur de ses discours.

Fusillade de Trappes : un mort et une fillette de 12 ans entre la vie et la mort, Aymeric Caron somme Marine Le Pen de se taire

Ce vendredi 23 octobre, aux alentours de 10 heures, un homme de 39 ans a ouvert le feu en rafales depuis la fenêtre de sa voiture, d'abord à Trappes puis à La Verrière, dans les Yvelines. Un homme de 26 ans a été tué, notamment près du bureau de poste de Trappes et du square Louis-Pergaud, selon Le Figaro. Parmi les blessés figure une fillette de 12 ans, touchée à huit reprises alors qu'elle se rendait à la piscine : transportée à l'hôpital Necker en urgence absolue, elle se trouvait toujours entre la vie et la mort en fin de journée. Deux hommes de 29 et 49 ans ont également été atteints ; l'ensemble des victimes réside dans les Yvelines, précise La Dépêche. Le tireur, a déclaré le maire de Trappes Ali Rabeh sur BFMTV, « manifestement tirait au hasard et avait envie de faire un carnage ».

Un délinquant de droit commun, une arme de guerre

Dès la matinée, un internaute alertait sur les réseaux sociaux : « Faites attention, y'a un mec qui se balade en Clio grise qui rafale tout le monde dans la zone », rapporte Le Figaro. Le suspect, Kévin T., a été interpellé peu après à Coignières, sur la nationale 10, par les policiers de la BAC de Saint-Quentin-en-Yvelines. Selon Le Parisien, il était connu des services de police pour conduite sous l'emprise de l'alcool, vols, vol à l'étalage et stupéfiants. L'arme utilisée est un pistolet-mitrailleur, un Sten MKII datant de la Seconde Guerre mondiale selon les premiers éléments de l'enquête. Des analyses toxicologiques étaient en cours vendredi et le suspect n'était pas en état d'être entendu.

Le parquet national antiterroriste a annoncé à la mi-journée l'ouverture d'une enquête pour assassinat et tentatives d'assassinat « en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance que les faits auraient été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une ethnie, une nation ou une religion. « C'est clairement un crime terroriste », a affirmé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, selon franceinfo. D'après Mediapart, le suspect est soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration.

Des condoléances mesurées

De Sébastien Lecornu à Jordan Bardella, les responsables politiques ont exprimé leur soutien aux victimes et salué l'intervention des forces de l'ordre, relève Le JDD, qui titre sur une condamnation unanime « de Mélenchon à Bardella ». Le Premier ministre a évoqué des faits « très graves » et assuré que les moyens des forces de sécurité et de l'autorité judiciaire étaient « pleinement mobilisés ». Gérard Larcher a dénoncé un « drame inacceptable », saluant « le sang-froid et la réactivité » des policiers et appelant à « retrouver le chemin de l'apaisement et de la paix civile ». Emmanuel Macron a parlé d'une « terrible épreuve ». Édouard Philippe a résumé la prudence commune : « L'enquête devra dire les motivations de l'auteur de cet acte ignoble ».

C'est dans cet esprit que Marine Le Pen a réagi à 15 h 08 sur X : « La tuerie qui a eu lieu ce matin à Trappes est un acte barbare dont les motivations devront être établies, et les responsables sévèrement punis », a écrit la cheffe de file du Rassemblement national, en adressant ses condoléances et son soutien aux victimes et à leurs familles.

« Taisez-vous » : Aymeric Caron désigne sa coupable

La réponse n'a pas tardé. Sur le même réseau, le député de la dix-huitième circonscription de Paris, Aymeric Caron, qui siège dans le groupe de La France insoumise à l'Assemblée, a ordonné à Marine Le Pen de se taire : « Taisez-vous. L'auteur a été nourri à vos discours de haine vis-à-vis des musulmans et des étrangers ».

Au moment où ces mots étaient publiés, le suspect n'avait pas encore pu être entendu par les enquêteurs et aucune motivation n'avait été officiellement établie. Ce que Marine Le Pen, comme Édouard Philippe, demandait à la justice de déterminer, le fondateur de la Révolution écologique pour le vivant le tranchait donc seul : le responsable du carnage ne serait pas le tireur de la Clio grise, mais son adversaire politique. Le procédé n'est pas neuf chez l'ancien journaliste. En mai 2024, après les dégradations de sa permanence parlementaire, il accusait déjà d'autres élus d'« encourager ces agressions par leurs calomnies permanentes », rapportait alors Le HuffPost. Cette fois, la désignation intervient quelques heures après la mort d'un homme de 26 ans, et alors qu'une enfant se bat pour vivre.

L'enquête, elle, se poursuit. Le suspect demeurait en garde à vue vendredi soir et les autorités compétentes communiqueront « en temps voulu », a indiqué le Premier ministre. C'est de leurs conclusions, et d'elles seules, que dépendra l'établissement des motivations du tireur.

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