Saint-Herblain : le bidonville parti en fumée, symbole d'une tolérance qui coûte cher
Par la rédaction Le Rempart
Un violent incendie a ravagé le grand campement gitan de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique. Toutes les caravanes du site ont été détruites par les flammes, sans que l'on déplore de victime à ce stade.

Les images tournent en boucle sur les réseaux depuis plusieurs heures. Un épais panache de fumée noire au-dessus de Saint-Herblain, des flammes qui avalent caravane après caravane, des riverains médusés. Le grand campement gitan installé à proximité de Nantes a été intégralement ravagé par un incendie dont l'origine reste à déterminer. Les pompiers de Loire-Atlantique, déjà sollicités par ailleurs en cet été de canicule, ont dû déployer des moyens conséquents pour contenir le sinistre.
Aucun bilan humain dramatique n'est à déplorer pour l'instant, et c'est heureux. Mais la scène a de quoi interroger. Car ce bidonville, tout le monde le connaissait. Les élus, la préfecture, les services de l'État. Un campement qui s'est installé, grossi, enraciné, dans la plus parfaite illégalité tolérée, comme des centaines d'autres sur le territoire national.
Une poudrière que tout le monde voyait
Des caravanes entassées, des raccordements électriques sauvages, des réserves de gaz stockées n'importe comment, aucun accès digne de ce nom pour les secours : les services départementaux d'incendie décrivent depuis des années ces campements comme des bombes à retardement. Il aura suffi d'une étincelle. En pleine sécheresse, alors que le Var et la Gironde brûlent et que la sécurité civile est sur les rotors, voilà des dizaines d'hommes mobilisés sur un feu qui n'aurait jamais dû pouvoir se déclarer.
Car c'est bien là le fond de l'affaire. Ce sinistre n'est pas une fatalité, c'est le produit direct d'une politique de l'autruche qui consiste à laisser des terrains se transformer en zones de non-droit, par peur du conflit ou par simple lâcheté administrative.
Le contribuable paie, encore
Qui va régler la facture ? L'intervention des secours, la dépollution du site souillé par des tonnes de plastique et de métal fondus, le relogement d'urgence des occupants : tout cela finira, comme toujours, sur le bureau du contribuable ligérien. Le même qui se voit expliquer qu'il faut serrer les boulons, payer plus de taxes foncières et attendre six mois un rendez-vous médical.
L'urgence d'en finir avec les zones grises
Cet été aura au moins servi à cela : rappeler que le feu ne fait pas de distinction entre une forêt de pins et un bidonville. Pendant que la France compte ses hectares partis en cendres et que Météo-France multiplie les alertes, tolérer des campements sans eau, sans électricité encadrée et sans normes de sécurité relève de l'inconscience collective. Les maires qui demandent depuis des années les moyens d'évacuer ces sites attendent toujours une réponse de l'État. À Saint-Herblain, la réponse est arrivée toute seule. En flammes.
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