Le Rempart

Immigration

Congrès du RN à Orléans : des militants de l'UEJF interrompent le discours de Jordan Bardella et sont expulsés par le service d'ordre

Par Dimitri Scudo

Quatre militants de l'Union des étudiants juifs de France ont perturbé ce dimanche le discours de Jordan Bardella au congrès du Rassemblement national à Orléans. Ils ont été sortis de la salle par le service d'ordre du parti, avant que le président du RN n'entonne la Marseillaise.

Congrès du RN à Orléans : des militants de l'UEJF interrompent le discours de Jordan Bardella et sont expulsés par le service d'ordre

Le discours de clôture du congrès du Rassemblement national ne s'est pas déroulé comme prévu. Ce dimanche 25 octobre, au Zénith d'Orléans (Loiret), Jordan Bardella a vu son intervention interrompue par des militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui avaient pénétré dans la salle pour y déployer une banderole accusatoire : « Bardella réélu : le racisme et l'antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire ».

Selon La République du Centre, ce sont deux hommes et deux femmes qui ont été sortis de la salle par le Département protection sécurité (DPS), le service d'ordre du parti. L'un des hommes avait le nez en sang au moment de son expulsion, rapporte le quotidien local. Sur des images circulant sur les réseaux sociaux, on entend l'une des jeunes femmes crier « Vous êtes un danger pour la France » tandis qu'elle était exfiltrée.

Bardella appelle au calme et lance la Marseillaise

À la tribune, le président du parti, réélu la veille à 98,98 % des suffrages des adhérents, a choisi de ne pas s'énerver. « Calmez-vous, chers amis. Je vous demande de vous arrêter », a-t-il déclaré aux militants qui scandaient « dehors ». « Ne faites pas de publicité à l'ultragauche qui déteste la démocratie », a-t-il ajouté, avant d'entonner la Marseillaise, reprise en chœur par toute la salle. Puis de conclure, une fois le calme revenu : « La meilleure réponse à leur apporter, c'est de les ignorer, et donc de continuer. »

L'UEJF a revendiqué l'opération sur X, expliquant que ses militants étaient venus « rappeler l'antisémitisme et le racisme de ce parti ». L'association a ensuite dénoncé les conditions de l'expulsion, affirmant que ses membres avaient été « agressés, étranglés et sortis avec violence », et fait part de son intention de porter plainte. Elle a également taclé le président du RN : « N'en déplaise à Bardella, ce n'était pas l'ultragauche mais bien l'Union des étudiants juifs de France. »

Un congrès sous tension permanente

Cette intrusion s'inscrit dans un week-end orléanais particulièrement éprouvant pour les services de sécurité. La veille, deux journalistes de Mediapart avaient été brièvement expulsés du congrès par le service d'ordre, le parti invoquant la « peur d'un mouvement de foule », avant que l'équipe ne puisse regagner la salle. À l'extérieur, entre 13 000 et 26 000 manifestants selon les sources ont défilé samedi contre la tenue du congrès, un cortège où figuraient plusieurs personnalités de gauche, dont le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko et la députée écologiste Clémentine Autain.

Le contexte est alourdi par deux affaires sensibles. D'une part, l'attentat raciste commis vendredi à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, dont l'auteur est soupçonné d'avoir visé des personnes issues de l'immigration et que les adversaires du RN n'ont pas manqué de relier au parti. D'autre part, la publication fin septembre par Mediapart d'écrits datant de 2013, présentés comme antisémites et attribués à Jordan Bardella. L'intéressé dément formellement et a porté plainte en diffamation contre le site d'investigation.

Un parti plébiscité malgré les perturbations

Ces incidents n'ont pas entamé la dynamique interne du Rassemblement national. Samedi, entre 3 000 et 4 000 militants avaient franchi barrages policiers et fouilles serrées pour acclamer la réélection de Jordan Bardella, seul candidat à sa succession. Sur les 110 000 adhérents à jour de cotisation, 75 500 ont participé au scrutin, portant le taux de participation à 68 %, un chiffre inédit pour un vote sans suspense. « Pour conduire Marine à l'Élysée, j'aurai besoin de vous », a lancé le président réélu à ses troupes.

Dimanche, Marine Le Pen doit clôturer le congrès par son premier grand meeting de campagne, devant 10 000 militants attendus. Le Rassemblement national entend faire de ce rendez-vous orléanais, présenté sur son site comme « une nouvelle étape vers la victoire de 2027 », le véritable lancement de la présidentielle. Les perturbations du week-end n'y auront visiblement rien changé.

Partenaires

Vous pourriez aussi aimer

Suite