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Marine Tondelier ne veut pas se marier à Hénin-Beaumont : le maire RN Steeve Briois en ligne de mire

Par Dimitri Scudo

Pacsée et mère d'un enfant, Marine Tondelier refuserait de se marier à Hénin-Beaumont, sa ville d'origine, en raison de la mairie détenue par le Rassemblement national. Retour sur un conflit local devenu affaire nationale.

Marine Tondelier ne veut pas se marier à Hénin-Beaumont : le maire RN Steeve Briois en ligne de mire

La vie privée de Marine Tondelier alimente les conversations. Selon une information largement relayée, la secrétaire nationale des Écologistes, pacsée à son compagnon et mère d'un petit garçon né en 2019, refuse de célébrer son mariage à Hénin-Beaumont, la ville du Pas-de-Calais où elle a vécu et grandi. La raison invoquée : la mairie est dirigée depuis près de douze ans par Steeve Briois, élu sous les couleurs du Rassemblement national. Si le fait peut surprendre, il s'inscrit dans un climat local dégradé, où les relations entre l'écologiste et le maire ont depuis longtemps basculé dans l'affrontement personnel.

Un conflit municipal qui déborde

Le torchon brûle entre les deux élus depuis des années. Conseillère municipale d'opposition, Marine Tondelier est régulièrement prise à partie par Steeve Briois en séance. Celui-ci l'aurait notamment qualifiée de « khmer verte » et d'« Attila Tondelier ». En novembre 2025, selon un compte rendu rapporté par BFMTV, le maire serait allé plus loin encore, la décrivant comme « pire que Staline, Attila Tondelier, une taliban hystérique et une khmer verte ». Des sorties qui, quoi qu'on pense des positions de l'intéressée, déshonorent plus leur auteur que leur cible : un maire qui accumule les insultes en conseil municipal affaiblit sa propre cause et offre à son adversaire une posture de victime toute trouvée.

Début mars, Marine Tondelier a franchi une étape supplémentaire. Dans un communiqué publié sur X, introduit par la phrase « Parce que parfois, il faut savoir dire stop », elle annonce avoir « déposé plainte contre le maire RN d'Hénin-Beaumont », une procédure engagée à Paris pour injures publiques. Steeve Briois s'était défendu auprès de l'AFP en arguant que « les termes utilisés relèvent de la liberté d'expression déjà employés entre adversaires politiques ». Une ligne de défense fragile : la liberté d'expression n'a jamais été un blanc-seing pour l'outrage, surtout dans la bouche d'un édile en exercice.

Un mariage refusé, un symbole politique

C'est dans ce contexte que s'inscrit le choix prêté à Marine Tondelier de ne pas convoler dans sa propre ville. Les documents publics confirment qu'elle est pacsée, qu'elle partage la vie d'un compagnon rencontré au sein des Verts, et qu'aucun mariage n'a été célébré ou annoncé. La cheffe écologiste protège d'ailleurs jalousement son foyer, ne montrant que rarement son enfant ou son compagnon. Interrogée par Libération sur ses déplacements en avion, elle expliquait continuer à voyager pour assumer ses responsabilités nationales, tout en restant discrète sur sa vie personnelle.

Faut-il voir dans ce refus de se marier à Hénin-Beaumont une simple décision de couple, ou un geste politique ? La question mérite d'être posée. Rester pacsé est un choix banal en France, et un mariage civil peut parfaitement être célébré dans une autre commune. Mais chez une responsable politique dont chaque étape du bras de fer avec Steeve Briois est médiatisée, du communiqué à la plainte, difficile de ne pas y lire aussi une forme de mise en scène. Le récit de l'élue locale empêchée de se marier chez elle par une mairie RN est un récit efficace : il condense en une image le discours de victimisation qui structure l'argumentaire écologiste face au Rassemblement national.

Ce que dit vraiment cette affaire

Il y a, dans cette histoire, une double leçon. D'un côté, les invectives répétées de Steeve Briois nuisent au RN lui-même, qui prétend incarner une droite respectueuse des institutions et de l'adversaire : la décrispation républicaine ne passera pas par des comparaisons staliniennes en conseil municipal. De l'autre, Marine Tondelier sait tirer parti de chaque accrochage pour nourrir son positionnement national. Refuser de se marier dans sa ville natale, c'est transformer un choix intime en argument politique, et la frontière entre le subi et le calculé devient ténue.

Reste un constat moins confortable pour les deux camps : Hénin-Beaumont est devenue un théâtre où le débat d'idées a disparu derrière les injures, les plaintes et les symboles. Ce n'est ni la faute d'un seul camp, ni une fatalité. Mais tant que le maire insultera et que l'opposante capitalisera, les habitants, eux, attendront toujours qu'on parle d'autre chose que de cette guerre de personnes.

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