Taxe sur la viande : l'amendement de Sandrine Rousseau rejeté par 84 voix contre 14
Par Dimitri Scudo
Mercredi 21 octobre, la députée écologiste a défendu à l'Assemblée nationale une contribution de 10 centimes par 100 grammes de viande dans les produits transformés. Le texte a été rejeté à une écrasante majorité.
Une taxe d'un euro le kilo
Mercredi 21 octobre, dans l'hémicycle du Palais Bourbon, Sandrine Rousseau a défendu l'amendement n° 2030 au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Son dispositif instaurait une contribution de 10 centimes par tranche de 100 grammes de viande contenue dans les produits alimentaires transformés, soit un euro le kilo, due par l'entreprise réalisant la première livraison en France. En auraient été exemptés les produits fabriqués par des artisans et vendus directement au consommateur, ainsi que ceux issus de la production biologique au sens du règlement européen 2018/848.
Selon le compte rendu du scrutin n° 9044, l'objectif affiché était double : encourager une alimentation moins carnée et financer la Sécurité sociale en taxant des produits présentés comme des facteurs de risques sanitaires. « L'idée n'est pas de taper sur les producteurs mais de taxer les transformateurs de viande », a plaidé la députée, visant les produits qu'elle qualifie d'ultratransformés.
« Les chasseurs de mammouths »
C'est moins le fond que la forme qui a marqué les esprits. Dès l'ouverture de son intervention, Sandrine Rousseau a prévenu que son texte allait « sans doute beaucoup plaire au camp d'en face ». Aux premières exclamations des bancs du RN et de l'UDR, elle a enchaîné : « Voilà : tous les chasseurs de mammouths sortent de leurs cavernes. » Une saillie accueillie par des applaudissements sur quelques bancs écologistes et insoumis, et qui a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux, comme le relève Chasse Passion.
La réplique n'a pas tardé. « Si vous ne mangez pas que du quinoa, du blé dur, ou autres graines, on va vous taxer », lui a répondu le député RN Laurent Jacobelli, qui a qualifié la proposition d'amendement le plus stupide de la séance. Au-delà de la joute oratoire, la droite et le Rassemblement national y ont vu une nouvelle ponction sur le panier des ménages, dans un pays où le prix de l'alimentation reste la première préoccupation des familles modestes, celles-là mêmes qui consomment le plus de produits transformés faute de pouvoir s'offrir la viande de boucherie que l'amendement épargnait soigneusement.
Un rejet massif
L'hémicycle n'a pas suivi la députée écologiste. L'amendement a été rejeté par 84 voix contre 14, un score qui témoigne de l'isolement de sa promotrice, y compris au sein d'une gauche qui n'a pas fait de la fiscalité alimentaire son cheval de bataille. Le dispositif, voté en première lecture dans le cadre du PLFSS 2027, n'aura donc pas survécu à son passage devant les députés.
Ce n'est pas la première fois que Sandrine Rousseau, qui ne manque jamais une occasion de rappeler sa ligne au sein de la gauche, fait de l'assiette des Français un terrain de combat. Sa croisade contre la viande, régulièrement relancée sous des formes diverses, se heurte à chaque fois au même obstacle : une Assemblée où la défense du pouvoir d'achat et des filières agricoles reste, de la droite au camp présidentiel, un point de consensus. Les éleveurs et charcutiers français, déjà confrontés à la concurrence étrangère et à la hausse de leurs charges, en seront cette fois épargnés.
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