Ceuta : après le passage des migrants, la plage transformée en décharge à ciel ouvert
Par la rédaction Le Rempart
À Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc, la plage de la ville s'est retrouvée couverte de détritus après le passage de migrants marocains, selon des images relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Une plage souillée après le passage
Les images ont de quoi faire tourner les estomacs. À Ceuta, enclave espagnole accrochée à la côte nord du Maroc, la plage de la ville présente un visage de décharge sauvage après le passage de migrants marocains. Selon les vidéos et photographies circulant sur les réseaux sociaux et relayées par la presse locale, le sable et les premiers mètres d'eau sont jonchés de claquettes, chaussures, vêtements abandonnés et déchets divers flottant au gré des vagues. Un paysage de porcherie à ciel ouvert, là où les familles céutiennes venaient encore récemment se baigner.
Ce n'est pas la première fois que ce littoral paie le prix de ces passages. La plage de Tarajal, point d'entrée historique des franchissements vers Ceuta, avait déjà connu des scènes comparables lors de la grande vague migratoire de mai 2021, quand des milliers de personnes avaient contourné la frontière par la mer en profitant d'un relâchement des contrôles côté marocain. À chaque afflux, le même rituel : des embarcations de fortune, des objets jetés dans la précipitation, et un rivage transformé en cimetière de sandales.
Un problème migratoire, un problème sanitaire
Au-delà de l'image, c'est bien une question de salubrité publique qui se pose. Plastiques, chaussures synthétiques, restes de vivres : ces détritus finissent par se décomposer dans l'écosystème marin du détroit de Gibraltar, déjà fragilisé par le trafic maritime intense. Les services municipaux de Ceuta, ville d'environ 85 000 habitants, doivent régulièrement déployer des opérations de nettoyage financées, qui l'eût cru, par le contribuable espagnol.
Car voilà la réalité que nos élites préfèrent ne pas regarder en face : l'immigration clandestine ne coûte pas seulement en dispositifs policiers et en structures d'accueil. Elle laisse aussi des traces très concrètes, tangibles, malodorantes. Pendant que Bruxelles pérore sur le pacte migration et que Madrid ménage Rabat, ce sont les habitants d'une enclave espagnole qui ramassent les claquettes.
La frontière que l'on regarde ailleurs
La situation à Ceuta illustre une vérité que l'Europe entière refuse d'admettre : cette frontière, avec sa double barrière de plusieurs mètres et son cordon maritime, est la ligne de front méridionale du continent. Chaque passage massif, toléré ou orchestré selon les humeurs diplomatiques de Rabat, y laisse son lot de dégâts matériels et environnementaux.
On peut compter sur les autorités locales pour nettoyer la plage, comme d'habitude, dans l'indifférence des grandes capitales. Reste une question simple : combien de temps encore l'Europe traitera-t-elle ses frontières comme un décor, et ses riverains comme des figurants priés de balayer après la fête ?
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