Ségolène Royal accuse les milices d'extrême droite des pillages du 17 octobre
Par Dimitri Scudo
Invitée de BFMTV mardi soir face à Charles Consigny, l'ancienne candidate à l'Élysée a imputé les casses du 17 octobre aux milices d'extrême droite, jugeant trop facile d'accuser les jeunes issus de l'immigration.
Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate socialiste à la présidentielle de 2007, a imputé mardi 3 novembre au soir, sur le plateau de BFMTV, les casses du samedi 17 octobre aux milices d'extrême droite. Face à l'avocat Charles Consigny, elle a jugé un peu trop facile d'accuser les jeunes issus de l'immigration. Les bilans officiels désignent d'autres auteurs.
Ségolène Royal désigne l'extrême droite sur BFMTV
Pour l'ancienne présidente de la région Poitou-Charentes, mettre les pillages sur le compte des jeunes issus de l'immigration relève de la facilité. Les responsables seraient à chercher du côté des milices d'extrême droite. L'explication a un mérite : elle dispense de lire le compte rendu des comparutions immédiates.
Ce que disent les enquêteurs sur les pillages du 17 octobre
Le 17 octobre, la journée de mobilisation contre la vie chère a réuni plus de 500 000 manifestants à 17 heures, selon la CGT. En marge des cortèges, des mairies ont été dégradées à Marseille et à Lille, la résidence de la préfète de Gironde a été saccagée et une antenne de l'office du tourisme a brûlé à Lyon.
Le soir même, Sébastien Lecornu a dénoncé des « groupes d'ultragauche » qui auraient « organisé la violence », rejoints par des délinquants venus « pour piller et détruire ». Le 20 octobre, une source sécuritaire citée par l'AFP précisait que l'ultragauche et l'extrême gauche radicale avaient été en pointe dans les débordements, sans être à l'origine des pillages.
Selon la même source, les pillages sont le fait de personnes appelées par les réseaux sociaux : surtout de jeunes hommes venus des quartiers par opportunisme, quelques gilets jaunes et des jeunes plus politisés. À Mulhouse, une source policière estime que près de 90 % des auteurs de violences sont des « casseurs d'opportunité ».
À Paris, le parquet a recensé 557 gardes à vue le 17 octobre, dont un quart de mineurs. La procureure Laure Beccuau décrit, au vu des premiers dossiers clos, des mis en cause « en grande majorité peu connus ». En France, Gérald Darmanin comptait le 22 octobre 2 700 gardes à vue et 217 incarcérations.
Ségolène Royal face aux bilans officiels
Le Premier ministre désignait l'ultragauche, le renseignement des jeunes des quartiers venus piller par opportunisme, le parquet de Paris des prévenus peu connus de la police. Ségolène Royal a ajouté un quatrième suspect à la liste, le seul qu'aucun de ces bilans ne désigne.
Le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de retenir, quand les faits le justifient, la qualification de « criminalité organisée », pour prolonger certaines gardes à vue. Emmanuel Macron a promis que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser ». Encore faut-il accepter de regarder qui a pillé.
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