Nancy : surgi d'une poubelle, il vide un extincteur sur le proviseur du lycée Henri-Poincaré
Par Dimitri Scudo
Vendredi 6 novembre au matin, une personne cachée dans une poubelle a vidé un extincteur sur le proviseur du lycée Henri-Poincaré de Nancy, devant l'établissement. La scène a été filmée, une enquête est ouverte.
Le proviseur du lycée Henri-Poincaré de Nancy a été agressé vendredi 6 novembre 2026 au matin, devant son établissement. Alors qu'il s'approchait d'une poubelle posée devant le lycée, une personne qui s'y tenait cachée en est sortie et a vidé un extincteur sur lui. Filmée, la scène circule sur les réseaux sociaux. Une enquête est ouverte.
L'embuscade filmée devant le lycée Henri-Poincaré
La vidéo tient en quelques secondes. Le chef d'établissement arrive à hauteur de la poubelle quand la personne dissimulée à l'intérieur surgit, extincteur en main, et le vide sur lui. Le proviseur disparaît aussitôt de l'image, avalé par la fumée. Ni banderole ni slogan : un proviseur devant son lycée, et quelqu'un qui l'attendait.
À la mi-journée, la police indiquait recueillir les plaintes et confirmait l'ouverture d'une enquête. L'agression a eu lieu devant un établissement chargé d'histoire, ancien lycée impérial installé dans deux anciens couvents de Nancy et classé monument historique depuis 1916. Le bâtiment est protégé contre les démolitions, pas contre ce qui attend devant ses portes.
Le lycée Henri-Poincaré déjà bloqué au printemps
Le lycée Henri-Poincaré connaît les blocus. Le mercredi 29 avril 2026, quelques dizaines d'élèves en avaient bloqué tous les accès dès 7 heures, à l'appel national de la Solidarité lycéenne, contre les suppressions de postes et les coupes budgétaires. La police municipale avait fermé la rue de la Visitation pour mettre fin au blocage.
Ce matin d'avril, selon le récit publié par Révolution permanente, les premiers élèves avaient barré les entrées avec des poubelles et des cadenas. Dans les blocus, la poubelle sert d'ordinaire de barricade. Vendredi, devant le même lycée, une poubelle a servi de cachette, et le mobilier urbain nancéien a montré une polyvalence que personne ne lui demandait.
Le mouvement lycéen a repris à Nancy après la Toussaint
L'agression survient en pleine reprise du mouvement lycéen, engagé fin septembre pour réclamer davantage de moyens pour l'Éducation nationale et relancé à la rentrée du lundi 2 novembre. Dans l'agglomération nancéienne, la semaine avait déjà été agitée : mercredi 4 novembre, trois établissements du Grand Nancy ont nécessité l'intervention de la police et des pompiers.
Ce mercredi-là, le lycée Arthur-Varoquaux de Tomblaine a dû mettre à l'abri ses élèves et ses personnels. Jeudi 5 novembre, des individus cagoulés attaquaient aux mortiers d'artifice un lycée de Tournefeuille, près de Toulouse, et mettaient le feu aux locaux de la vie scolaire. Le mouvement réclame des moyens pour les lycées, et les lycées paient la facture.
Ce que le ministre Édouard Geffray promet aux chefs d'établissement
Vendredi 6 novembre, en déplacement au lycée Jules-Ferry de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a condamné les menaces visant les chefs d'établissement. Le même jour, il a rappelé qu'empêcher l'accès aux salles de classe est illégal et promis des sanctions aux élèves qui bloquent les cours.
Le rappel est juste, mais il arrive tard. Le Code pénal punit déjà plus lourdement les violences sur une personne chargée d'une mission de service public, et un proviseur en est une. À Nancy, cette protection n'a pas pesé lourd face à une poubelle et un extincteur. L'enquête dira qui en est sorti, devant le lycée Henri-Poincaré.
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