Antoine Léaument refuse de qualifier Mao de dictateur : « pas bien pire » que la France, estime le député LFI
Par Dimitri Scudo
Interrogé mercredi matin sur Sud Radio, le député LFI de l'Essonne Antoine Léaument a refusé de qualifier Mao Zedong de dictateur, préférant l'adjectif « plutôt autoritaire » et estimant que la Chine maoïste n'était « pas bien pire » que la France.
L'échange n'a duré que quelques instants, mais il risque de poursuivre longtemps Antoine Léaument. Invité ce mercredi 28 octobre de Jacques Cardoze sur Sud Radio, entre 8h30 et 9h, le député La France insoumise de l'Essonne a refusé de qualifier Mao Zedong de dictateur. Au fondateur de la République populaire de Chine, il a préféré l'adjectif « plutôt autoritaire », ajoutant que la Chine maoïste n'était « pas bien pire » que la France.
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Une polémique née des propos de Kylian Mbappé
La question posée au micro de Jacques Cardoze s'inscrivait dans la polémique suscitée par Kylian Mbappé, qui avait, lui, qualifié sans détour l'ancien numéro un chinois de dictateur. Mis au défi de dire si le mot convenait, Antoine Léaument a choisi de botter en touche, refusant de trancher frontalement.
L'élu insoumis a plaidé par ailleurs pour une « normalisation » des relations entre Paris et Pékin, élargissant le débat à la diplomatie française plutôt que de répondre sur le caractère du régime fondé par Mao.
Ce que disent les historiens
Sur le fond, le travail des historiens ne laisse guère de place à l'hésitation. Le Grand Bond en avant (1958-1962) a provoqué une famine de masse dont les estimations font état de plusieurs dizaines de millions de morts. La Révolution culturelle (1966-1976) a ensuite jeté le pays dans une décennie de purges, de persécutions et de déportations.
Entre 1949 et 1976, le régime maoïste est ainsi associé à l'un des bilans humains les plus lourds du XXe siècle. C'est précisément ce bilan que le mot « dictateur » résume, et qu'un député de la République française s'est refusé à prononcer.
Une comparaison qui dérange
C'est la comparaison avec la France qui a le plus fait réagir. Affirmer que la Chine de Mao n'était « pas bien pire » que l'Hexagone revient à mettre sur le même plan une démocratie, avec ses débats, ses élections et ses contre-pouvoirs, et un régime de parti unique qui comptait ses opposants en millions de victimes.
La sortie n'est pas la première à faire parler le député de l'Essonne. Il avait notamment défrayé la chronique en assurant être à découvert à la fin du mois malgré 143 000 euros nets d'indemnités déclarées sur trois ans, et plus récemment en dénonçant un « deux poids, deux mesures » sur la place des cérémonies catholiques à la télévision lors de la visite du pape.
L'obsession du relativisme
L'épisode illustre une vieille tentation d'une partie de la gauche radicale : l'indulgence pour les régimes autoritaires dès lors qu'ils se réclament de la révolution. Reconnaître la nature du pouvoir maoïste n'engage pourtant à rien d'autre qu'à dire les faits tels que les historiens les ont établis.
En refusant ce simple mot, Antoine Léaument a choisi son camp dans la controverse : celui du relativisme. Face à un footballeur qui avait dit une évidence, un élu de la nation a préféré la nuance, au prix d'une comparaison que les victimes du maoïsme auraient sans doute trouvée étrange.
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