Deux-Sèvres : du fumier et du purin pour déloger les fêtards d'une rave-party illégale
Par la rédaction Le Rempart
Dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs ont déversé du fumier et du purin sur des fêtards venus installer une rave-party illégale sur leurs terres, sans attendre les forces de l'ordre.
La scène se passe dans les Deux-Sèvres, et elle en dit long sur l'état des campagnes françaises. Des agriculteurs, excédés de voir des fêtards s'installer sans autorisation sur leur terrain pour y organiser une rave-party illégale, ont choisi la méthode forte : déverser du fumier et du purin sur les teufeurs et leurs installations. De quoi faire déguerpir les indésirables plus vite que n'importe quel sommation.
Les faits : une rave-party sur terrain privé
Selon la presse locale, les participants à cette rave-party s'étaient installés sans aucune autorisation sur une parcelle agricole du département. Comme souvent dans ces affaires, les fêtards arrivent en convoi, déploient leurs murs d'enceintes et leur sono, et s'approprient un terrain qui ne leur appartient pas, piétinant au passage les cultures et le travail de ceux qui en vivent. Rappelons que ce type de rassemblement festif, organisé sans déclaration en préfecture et sur propriété privée, est illégal et passible de sanctions, encadré notamment par les dispositions sur les rassemblements festifs à caractère musical.
Face à cela, les exploitants n'ont pas attendu une hypothétique intervention. Ils ont attelé leurs tonnes à lisier et arrosé copieusement les campeurs improvisés. Fumier, purin : le traitement de choc a visiblement produit son effet, les fêtards préférant plier bagage plutôt que danser dans la mare.
Le ras-le-bol des campagnes
Derrière l'anecdote savoureuse, il y a une réalité moins rigolote : l'abandon des territoires ruraux. Chaque été, des rave-parties sauvages s'installent aux quatre coins de la France, dégradant parcelles, clôtures et cultures, sans que les propriétaires ne soient jamais indemnisés. Les gendarmes, souvent en nombre insuffisant dans ces zones, peinent à intervenir avant que les dégâts ne soient faits. Quant aux verbalisations et évacuations, elles relèvent trop souvent de l'arlésienne.
Résultat, quand l'État fait défaut, les paysans font eux-mêmes. Ce n'est pas la première fois que des agriculteurs utilisent le lisier comme argument dissuasif face à des squatteurs ou des occupations illégales, en France comme chez nos voisins européens. La méthode fait sourire, mais elle traduit un sentiment d'impunité et d'isolement bien réel dans le monde rural.
Qui sanctionne-t-on, au juste ?
Car on connaît la musique : demain, ce seront peut-être ces agriculteurs qui devront s'expliquer, pendant que les organisateurs de la rave-party, eux, auront disparu dans la nature sans jamais être inquiétés. L'intrusion sur propriété privée, la dégradation de terres agricoles, l'organisation d'un rassemblement non déclaré : autant d'infractions qui finissent rarement devant un tribunal. Le contribuable, lui, paie les dégâts et le nettoyage.
Les éleveurs des Deux-Sèvres ont réglé le problème à leur manière, efficacement et sans casser un seul carreau. On attend désormais que les autorités montrent la même célérité à faire respecter la loi que les fêtards à installer leurs platines.
Suite



