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« Je ne leur donnerai plus jamais un seul euro » : le Secours catholique rattrapé par la polémique après le financement des vacances d'une famille musulmane

Par la rédaction Le Rempart

Une aide aux vacances accordée par le Secours catholique à une famille musulmane a déclenché la colère de donateurs, dont l'un promet de ne « plus jamais » verser un euro à l'association. La polémique enfle sur les réseaux sociaux.

« Je ne leur donnerai plus jamais un seul euro » : le Secours catholique rattrapé par la polémique après le financement des vacances d'une famille musulmane

La colère gronde chez une partie des donateurs du Secours catholique. Dans un court reportage diffusé sur M6, l'association a financé, dans le cadre de son programme de départ en vacances pour les familles en difficulté, le séjour d'une famille de confession musulmane. Une démarche en soi conforme aux statuts de l'organisation, qui n'opère aucune distinction de religion. Mais pour certains fidèles soutiens, la pilule ne passe pas : d’autant plus que dans le reportage, la mère de famille qui a bénéficié de ces vacances gratuites, remercie le "secours", sans même oser prononcer "catholique". Une pilule qui ne passe pas.

Ce que l'on sait de l'affaire

Le Secours catholique, fondé en 1946 par l'abbé Jean Rodhain, consacre chaque année une partie de ses fonds à des actions d'aide aux vacances : colonies, week-ends, séjours familiaux pour des ménages qui n'auraient jamais les moyens de partir. Ces aides sont financées essentiellement par des dons privés, la générosité du public représentant l'écrasante majorité des ressources de l'association.

C'est la confession de la famille bénéficiaire qui a mis le feu aux poudres. Un donateur, cité dans les échanges qui circulent en ligne, lâche sa sentence : « Je ne leur donnerai plus jamais un seul euro ». La phrase, reprise en boucle, est devenue le symbole d'un ras-le-bol qui dépasse le seul cas de cette famille.

À cette heure, le Secours catholique n'a pas souhaité communiquer sur l'aide elle-même, se contentant de rappeler, comme le fait régulièrement son bras de communication, que son action vise « toute personne en situation de pauvreté », sans condition de foi.

Un malentendu vieux comme l'association

Le débat n'est pas totalement neuf. Il y a quelques jours encore, une tribune de la presse chrétienne s'interrogeait sur la différence qui subsiste entre le Secours catholique et le Secours populaire, signe que la frontière idéologique de la première inquiète une partie de son public traditionnel. Là où le Secours populaire revendique héritage communiste et laïcité, le Secours catholique puise ses racines dans la charité chrétienne. Ses donateurs historiques, souvent des catholiques pratiquants et des retraités, estimaient jusqu'ici soutenir une œuvre de leur camp.

Problème : l'association raisonne depuis longtemps en termes de lutte contre la pauvreté et non d'entraide communautaire. L'aumône, version années 2020, est devenue gestion sociale, avec salariés, conventions publiques et logique de guichet.

Le contribuable du don, ce grand oublié

Reste une réalité que les directions associatives préfèrent éviter : un donateur qui verse 100 euros bénéficie d'une réduction d'impôt de 66 % dans la limite prévue par le code général des impôts. Autrement dit, une partie de ces vacances financées l'est indirectement par l'ensemble des contribuables. Les donateurs en colère posent donc une question moins caricaturale qu'il n'y paraît : à qui appartient la générosité, à celui qui donne, ou à la bureaucratie caritative qui redistribue ?

Le Secours catholique devra choisir ses mots avec soin. Car si les promesses de boycott se concrétisent, ce sont bien ses propres bénéficiaires, toutes confessions confondues, qui paieront l'addition d'une communication décidément bien maladroite.

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