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La France brûle ? Yaël Braun-Pivet préfère la caravane du Tour de France
Pendant que les émeutiers saccageaient le pays, la présidente de l'Assemblée nationale a trouvé le temps de s'offrir un petit tour en voiture sur les routes du Tour. Priorité vélo, évidemment.

Le bon sens des priorités, version Perchoir
On croyait pourtant que tout avait été vu en matière de déconnexion. Mais non. Alors que la France connaissait des nuits d'émeutes d'une violence inouïe, que des mairies étaient incendiées, des policiers pris pour cible et des commerçants ruinés, Yaël Braun-Pivet a jugé urgent de... monter dans la voiture d'un directeur de course du Tour de France. Le pays brûlait, mais le peloton, lui, n'attend pas.
La présidente de l'Assemblée nationale, quatrième personnage de l'État, a donc troqué les séances et la gravité pour la caravane publicitaire. On imagine la scène : les vitrines explosent à Marseille, les hélicoptères tournent au-dessus des cités, et Madame Braun-Pivet savoure l'ambiance du bord de route. Quelle sens du moment. Quel exercice impeccable de l'autorité républicaine.
Le vélo, ce refuge des élus égarés
Bien sûr, ses défenseurs diront que le déplacement était prévu, que l'annulation aurait été un symbole fâcheux, qu'il faut savoir préserver la fête populaire. Argument recevable, à ceci près que le symbole produit est exactement l'inverse : celui d'une classe politique qui se promène pendant que le pays se délite. Les Français, eux, n'avaient pas vraiment l'occasion de partir en balade. Ils barricadaient leurs commerces.
On se souvient des leçons de morale dispensées à longueur de tribunes sur la nécessité d'être « à la hauteur ». À la hauteur du plateau du Tour, apparemment. Pendant ce temps, les forces de l'ordre, épuisées, tenaient les lignes sans qu'on leur demande s'ils préféraient, eux aussi, une petite virée en voiture suiveuse. Le deux poids deux mesures n'est plus une accusation, c'est un mode de gouvernement.
Une présidente au ralenti, un pays à vive allure
Que fallait-il faire ? Peut-être simplement rester à son poste, réunir les chefs de groupes, travailler sur des réponses législatives à l'explosion de violence qui secouait les villes. Mais le Perchoir, visiblement, fonctionne selon d'autres logiques. Celle de la communication et de l'image avant tout, ce sport national où la macronie excelle.
Reste une image, tenace et tristement parlante : celle d'une France qui fonce vers le précipice, conduite par des responsables qui regardent passer les vélos. La prochaine fois qu'on nous parlera de sacrifices demandés aux Français, on repensera à cette voiture du Tour, confortable, climatisée, et si loin de la rue.
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