Voiture électrique : Bercy réfléchit à une taxe au kilomètre pour boucher le trou des carburants
Par la rédaction Le Rempart
Face au manque à gagner sur les taxes carburants, le ministère de l'Économie étudierait une taxe au kilomètre ciblant les véhicules électriques. Une piste qui s'ajoute à d'autres projets d'économies, dont la désindexation des pensions dès 2027.

On vous a vendu la voiture électrique comme la bonne action fiscale du siècle : bonus à l'achat, malus épargnés, carburant presque gratuit. Mauvaise nouvelle : Bercy vient de se rendre compte que les électrons, eux, ne remplissent pas les caisses. Résultat, le ministère de l'Économie plancherait sur une taxe au kilomètre appliquée aux véhicules électriques, histoire de compenser le manque à gagner sur les taxes carburants, TICPE en tête, qui fondent à mesure que le parc se convertit.
Le trou que l'électrique creuse dans les caisses
Le raisonnement de Bercy est d'une logique implacable, à défaut d'être élégant. Les carburants fossiles rapportent chaque année des dizaines de milliards d'euros à l'État, principalement via la TICPE et la TVA. Or chaque véhicule électrique vendu est un automobiliste qui ne passera plus à la pompe, donc un contribuable qui échappe au compteur. À mesure que le parc se verdit, les recettes s'érodent. D'où l'idée d'une contribution calculée au kilomètre parcouru, que l'automobiliste paierait quelle que soit l'énergie utilisée. Autrement dit : ce que l'État encourageait hier à coups de bonus, il s'apprête à le taxer demain.
Un contexte budgétaire sous tension
Cette piste ne tombe pas du ciel. Elle s'inscrit dans un ministère qui chasse le moindre euro. Selon la presse, Bercy étudie en parallèle la désindexation des pensions de retraite dans le budget 2027, alors que les comptes de la Sécurité sociale prévoyaient une revalorisation de 1,6 %. Autant dire que toutes les hypothèses de rendement sont sur la table, y compris les plus impopulaires. Après les retraites, voici donc l'automobiliste électrique, qui découvrira que sa conversion verte avait une date de péremption fiscale.
Le contribuable, variable d'ajustement permanente
Reste la question de la mise en oeuvre. Comment contrôler le kilométrage sans fichage généralisé des trajets ? Relève annuelle du compteur, boîtier embarqué, déclaration sur l'honneur ? Bercy n'a, à cette heure, rien détaillé. Mais l'habitude est prise : quand l'État a un trou, il ne réduit pas ses dépenses, il invente une taxe. L'automobiliste qui a suivi les injonctions écologiques du gouvernement, souvent au prix d'un achat bien plus coûteux, se retrouvera à financer la transition qu'on lui a imposée. Cherchez l'erreur : elle est au ministère de l'Économie, rue de Bercy, et elle fonctionne à l'électricité.
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