Insolite

Yannick Jadot veut un écran noir d'une heure sur CNews à chaque propos raciste à l'antenne

Par

Invité de franceinfo vendredi, le sénateur écologiste, soutien de Raphaël Glucksmann, propose de couper CNews une heure, puis un jour, puis pour de bon, tout en assurant ne pas vouloir l'interdire « par principe ».

Yannick Jadot lors de son interview sur l'émission "8h30" sur le plateau de France Info, le 30 octobre 2026. Photo : France Info
Yannick Jadot lors de son interview sur l'émission "8h30" sur le plateau de France Info, le 30 octobre 2026. Photo : France Info

Le sénateur écologiste de Paris Yannick Jadot, soutien de Raphaël Glucksmann pour la présidentielle de 2027, a proposé vendredi 30 octobre sur franceinfo de sanctionner CNews par un écran noir d'une heure, accompagné d'un message de prévention, à chaque propos raciste tenu à l'antenne. En cas de récidive, la chaîne de Vincent Bolloré serait coupée une journée, puis interdite.

L'élu assure ne pas viser l'existence même de la chaîne : « Je ne veux pas par principe interdire CNews parce que ça appartient à un milliardaire xénophobe. » Il ajoute aussitôt : « Mais dès qu'ils font une faute, dès qu'ils laissent passer des propos racistes, on sanctionne. »

À lire aussi : Patrick Cohen, sur France Inter, veut que la loi interdise l'émission de Pascal Praud sur CNews, qu'il juge fasciste · Attentat de Trappes : le député LFI Thomas Portes exige la fermeture de CNews

Ce que Yannick Jadot propose contre CNews

La mesure tient en trois marches. La « première sanction » serait « une heure d'interdiction de diffusion, avec un bandeau sur l'écran noir de CNews », sur lequel on lirait : « Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. » Viendraient ensuite une journée d'interdiction, puis l'interdiction pure et simple de la chaîne.

Selon le titre de Libération, le sénateur a résumé la méthode d'une formule : « S'ils ne se corrigent pas, ils dégagent. » Le principe est donc sauf : seule la récidive éteindrait la chaîne.

Yannick Jadot s'exprimait une semaine après l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines, qui a fait un mort et plusieurs blessés le 23 octobre. Un rassemblement contre le racisme et l'islamophobie était prévu vendredi à Trappes.

Le sénateur réclame « un arsenal répressif beaucoup plus dur contre le racisme », y compris contre « ce qui se répand dans les médias ».

Que peut déjà faire l'Arcom contre CNews ?

Le sénateur veut « réveiller l'Arcom » et résume sa demande ainsi : « Il faut que l'Arcom fasse son boulot. » Le gendarme de l'audiovisuel a pourtant infligé à CNews 100 000 euros d'amende en février, puis 200 000 euros en juillet. Ce sommeil aura coûté 300 000 euros à la chaîne depuis février.

La seconde amende, décidée le 24 juillet, visait deux séquences diffusées en 2025. L'Arcom les a jugées de nature à « inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires ».

L'heure de coupure n'aurait rien d'une révolution juridique. La loi du 30 septembre 1986 permet déjà à l'Arcom, au terme d'une procédure, de suspendre la diffusion d'un service ou d'un programme pendant un mois au plus. L'arsenal jugé trop doux autorise ainsi une coupure quelque sept cents fois plus longue que celle du sénateur.

Yannick Jadot, CNews et la campagne de Raphaël Glucksmann

Yannick Jadot a annoncé son ralliement à Raphaël Glucksmann le 24 août, ce qui lui a valu en septembre une suspension temporaire chez Les Écologistes.

Le candidat avait lui-même refusé, lors des européennes de 2024, de débattre sur CNews, qu'il qualifiait de « chaîne d'opinion ». Nous n'avons pas trouvé de réaction de sa part à la proposition de son soutien à ce stade.

L'idée s'ajoute à d'autres. Le député insoumis Thomas Portes a exigé la fermeture de CNews au lendemain de l'attentat, et Patrick Cohen a souhaité sur France Inter que la loi interdise l'émission de Pascal Praud. Yannick Jadot a sur eux l'avantage de la progressivité.

Il s'agit à ce stade d'une proposition politique, et nous n'avons pas trouvé de réaction de CNews. La chaîne a en revanche annoncé un recours devant le Conseil d'État contre l'amende de juillet. L'écran reste allumé.

Partager cet article

Partenaires

Vous pourriez aussi aimer

Suite