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Incendie de la mairie de Limoges : onze jours après, Guillaume Guérin attend toujours un appel d'Emmanuel Macron

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Le maire LR de Limoges, Guillaume Guérin, a révélé ce mercredi sur RMC et BFMTV n'avoir reçu ni appel ni message d'Emmanuel Macron, onze jours après l'incendie criminel qui a ravagé l'hôtel de ville de sa commune. Il dit en revanche avoir reçu le soutien de dirigeants étrangers, dont un courriel du vice-président américain JD Vance.

Guillaume Guérin, maire de Limoges, en interview ce mercredi 28 octobre 2026 sur RMC et BFMTV au micro d'Appoline de Malherbe. Photo : RMC
Guillaume Guérin, maire de Limoges, en interview ce mercredi 28 octobre 2026 sur RMC et BFMTV au micro d'Appoline de Malherbe. Photo : RMC

Le fait est à peine croyable, il est pourtant attesté par le principal intéressé : onze jours après l'incendie criminel qui a détruit l'hôtel de ville de Limoges, le maire de la commune, Guillaume Guérin (LR, Nouvelle Énergie), n'a toujours eu aucun contact direct avec Emmanuel Macron. Ni appel téléphonique, ni message. C'est l'édile lui-même qui l'a révélé ce mercredi 28 octobre au micro d'Apolline de Malherbe, sur RMC et BFMTV.

« Je n'ai pas eu Emmanuel Macron, ni en ligne ni par SMS », a déclaré Guillaume Guérin. « Je ne comprends pas que le président de la République n'ait pas appelé. Je l'ai dit au secrétaire général de l'Élysée, c'est moi qui les ai appelés, ce n'est pas le contraire. Je suis très surpris de la façon dont Emmanuel Macron a traité cette affaire », a-t-il ajouté, selon des propos également rapportés par l'AFP.

Un courriel de Washington, rien de l'Élysée

Le contraste retenu par le maire de Limoges a de quoi laisser songeur. L'édile affirme avoir reçu des marques de soutien de la part de chefs d'État et de gouvernements étrangers, jusqu'à un courriel arrivé « sur la boîte mail de la mairie » en provenance de l'entourage de JD Vance, vice-président des États-Unis. « On a eu un mail du vice-président des États-Unis d'Amérique, mais pas d'appel du président de la République française », résume-t-il, en concédant qu'il s'agit « sans doute d'un de ses conseillers ».

La troisième ville de la diagonale du vide, préfecture de la Haute-Vienne, a donc vu sa maison commune partir en fumée sous les yeux de ses habitants, sans que le chef de l'État juge utile de décrocher son téléphone pour témoigner sa solidarité à l'élu qui la représente.

Une attaque préméditée de l'ultragauche

Les faits remontent au samedi 17 octobre. En marge de la mobilisation nationale contre la vie chère, un groupe de plusieurs centaines de militants d'ultragauche, estimé entre 500 et 600 individus, avait infiltré le cortège limougeaud avant de s'attaquer à l'hôtel de ville, bâtiment classé inauguré en 1883. Le feu, allumé au rez-de-chaussée, s'est propagé à toute la structure : le campanile, emblème de la cité, s'est embrasé puis effondré vers 20h30, et la façade ainsi que la partie historique de l'édifice ont été détruites quasi intégralement, selon le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, qui a dénoncé « une horde sauvage » ayant « sciemment mis le feu ».

Dans un entretien accordé au Monde au lendemain des faits, Guillaume Guérin avait décrit une opération mûrement préparée : « L'ultragauche a organisé la logistique. Ils avaient préparé leur coup, savaient par où entrer. » L'enquête a depuis progressé : deux hommes, âgés de 34 et 66 ans, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

Dès le dimanche 18 octobre, le maire pointait également des « défaillances d'État » et regrettait que l'allocution présidentielle se borne à des mots : « Le verbiage, les paroles, les mots, les bougies, les peluches, j'en peux plus », lançait-il alors. Une réaction qui rejoint celle relevée par Le Rempart dans les suites des violences du 17 octobre, lorsque le chef de l'État préférait accuser les réseaux sociaux plutôt que d'examiner les manquements de sa propre administration.

Lecornu sur place, Macron aux abonnés absents

Guillaume Guérin prend soin de distinguer l'attitude du président de celle de son Premier ministre. Sébastien Lecornu s'est rendu sur place dès le vendredi suivant, accompagné de plusieurs ministres, et a promis une reconstruction « à l'identique » de l'hôtel de ville, sans financement communal, selon une procédure accélérée dite « Notre-Dame », au nom de la solidarité nationale. « Il a fait son boulot avec beaucoup de conviction », a reconnu le maire, précisant que l'État avait déjà pris en charge les premiers frais.

Reste que l'absence de tout geste présidentiel interroge sur la place que le locataire de l'Élysée accorde aux élus locaux et, à travers eux, aux Français des territoires. Une mairie de préfecture réduite en cendres par des groupes d'ultragauche, des services publics interrompus pour des semaines, des habitants privés de la maison commune où se règlent les actes de leur vie quotidienne : il aura fallu que Washington écrive avant que Paris ne daigne seulement répondre au téléphone. Limoges, elle, attend toujours.

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