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Saint-Denis : un policier municipal porte un LBD devant le lycée Bartholdi, le maire LFI Bally Bagayoko dénonce

Par Dimitri Scudo

Jeudi 24 septembre 2026, des échauffourées ont éclaté devant le lycée professionnel Bartholdi de Saint-Denis. La présence d'un policier municipal équipé d'un lanceur de balles de défense a provoqué l'ire du maire insoumis Bally Bagayoko, qui veut bannir cette arme.

Saint-Denis : un policier municipal porte un LBD devant le lycée Bartholdi, le maire LFI Bally Bagayoko dénonce

Des échauffourées devant un lycée, des interpellations, des dégradations : et c'est le port d'un lanceur de balles de défense par un agent municipal qui a retenu l'attention du maire de Saint-Denis. Jeudi 24 septembre 2026, des violences ont éclaté devant le lycée professionnel Bartholdi, dans le cadre d'une mobilisation lycéenne qui a touché plusieurs établissements d'Île-de-France. Plusieurs jeunes ont été interpellés. Sur place, la police municipale était présente, dont un agent équipé d'un LBD. Une image que Bally Bagayoko (LFI) n'a pas supportée.

Une arme exhibée, jamais utilisée

Le maire insoumis a tenu à préciser, dans un communiqué, le rôle exact de ses agents ce jour-là : « La police municipale était mobilisée ce jour pour assister à l'événement et s'assurer qu'il se déroule dans les meilleures conditions. À aucun moment elle n'est intervenue », a-t-il assuré, selon Actu.fr. Reste qu'un agent a été vu porteur du lanceur de balles de défense. « La situation ne l'exigeait pas », a reconnu l'édile.

la logique de ce raisonnement : si la situation n'exigeait pas l'intervention de la police municipale, c'est bien que la situation était potentiellement tendue. Des violences ont d'ailleurs éclaté entre les lycéens et la police nationale, causant des dégradations aux abords de l'établissement. Dans ce contexte, qu'un agent municipal porte une arme de défense intermédiaire relève davantage de la précaution que de la provocation. Un LBD sur le terrain n'est pas un LBD utilisé, et le maire le concède lui-même en insistant sur l'absence d'intervention de ses troupes.

Des gardes à vue qui dérangent le maire

Bally Bagayoko ne s'est pas arrêté à l'arme. Il a également critiqué les suites judiciaires de la journée : « Je ne me satisfais pas non plus de voir que des jeunes gens sont mis en garde à vue pour leurs revendications », a-t-il dénoncé.

La formule mérite d'être lue attentivement. Les interpellations n'ont pas eu lieu pour des « revendications » exprimées pacifiquement, mais dans un contexte d'échauffourées et de dégradations, ce que l'article d'Actu.fr établit clairement. Présenter la garde à vue comme une réponse à une opinion politique plutôt qu'à des infractions présumées, c'est effectuer un glissement sémantique classique dans la rhétorique insoumise : transformer l'auteur de violences en victime du maintien de l'ordre. Ce réflexe pose question quand il émane d'un maire, première autorité de police de sa commune.

Un désarmement assumé, mais coûteux

Cette sortie n'a rien d'une surprise. Le nouvel édile, arrivé à la mairie en succédant au socialiste Matthieu Hanotin, avait inscrit dans son programme un désarmement partiel de la police municipale. S'il ne souhaite pas retirer les pistolets, il entend bien priver ses agents des LBD. « Les policiers ont très bien intégré cette décision, qui est fondée sur le fait que les lanceurs de balles de défense ont pu blesser, même si à Saint-Denis on n'a pas constaté cela », déclarait-il début septembre, lors de la nomination du nouveau chef de la police municipale, John Gnahore.

L'aveu est notable : à Saint-Denis même, aucun blessé par LBD n'a été constaté. La justification du retrait repose donc sur des faits survenus ailleurs, pas sur l'expérience locale. Et le bilan humain de cette politique commence à se lire dans les effectifs : selon Actu.fr, 90 policiers municipaux envisagent de quitter la ville face à ce désarmement annoncé, certains évoquant une situation où « c'est Mad Max » et le besoin de « se protéger ». Difficile de prétendre que la décision est « très bien intégrée » quand une telle proportion d'agents songe à partir.

Le vrai rapport de force

L'épisode du lycée Bartholdi cristallise une contradiction que la mairie devra tôt ou tard trancher. D'un côté, une commune où les mobilisations lycéennes dégénèrent régulièrement et où les agents municipaux se disent en insécurité. De l'autre, un exécutif local qui considère le simple port visible d'une arme de défense comme un problème, et les gardes à vue de jeunes interpellés lors de violences comme une mesure contestable. Le message envoyé aux agents comme aux perturbateurs est limpide, et il n'est pas certain qu'il serve la tranquillité publique des Dionysiens.

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