Présidentielle 2027 : Gérard Larcher éconduit Yaël Braun-Pivet, qui rêvait de lui en candidat du rassemblement
Par Dimitri Scudo
La présidente de l'Assemblée nationale avait proposé mardi soir au président du Sénat d'incarner une candidature unique du MoDem à la droite républicaine. Ce mercredi matin, l'intéressé, soutien déclaré de Bruno Retailleau, a décliné.
La réponse n'aura pas attendu vingt-quatre heures. Gérard Larcher a opposé ce mercredi 28 octobre une fin de non-recevoir à Yaël Braun-Pivet, la veille, dans les colonnes du Figaro, la présidente de l'Assemblée nationale l'avait cité nommément parmi les figures capables d'incarner une candidature unique « du MoDem à la droite républicaine » pour la présidentielle de 2027.
« Je remercie Yaël Braun-Pivet de sa proposition, mais je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle », a déclaré le président du Sénat, dont la loyauté envers Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat déclaré, n'est un secret pour personne.
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Une candidature unique, ou le chaos
Dans son entretien au Figaro, Yaël Braun-Pivet avait plaidé avec insistance pour un resserrement des rangs du bloc central. « Dans ces temps difficiles, nous avons besoin d'unité et d'apaisement. Comme d'autres, Gérard Larcher peut incarner ce rassemblement », avait-elle déclaré, pressant son camp de trancher : « Le plus vite sera le mieux. »
Selon la macroniste de la première heure, « c'est au sein de ce collectif que nous devons trouver un candidat unique », à la faveur de « compromis » entre les différents courants. Une urgence qu'elle justifie par les sondages successifs : aucun des candidats déclarés ou pressentis du centre et de la droite, parmi lesquels Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand ou encore David Lisnard, n'est aujourd'hui donné au second tour.
La crainte d'un duel Mélenchon-Le Pen
Derrière cette offensive, une inquiétude que les chiffres alimentent. Les derniers sondages, dont celui d'Odoxa que Le Rempart relayait récemment, dessinent un second tour entre Marine Le Pen, créditée de 37 à 38 % des intentions de vote, et Jean-Luc Mélenchon. Un scénario à « absolument empêcher », selon la présidente de l'Assemblée nationale.
Cette crainte, Gérard Larcher la partage depuis longtemps, sans pour autant y voir un rôle pour lui-même. En mars, dans un entretien au Parisien, il réclamait déjà un candidat unique de la droite et du centre « au plus tard » en novembre, condition de la qualification de son camp au second tour. « Mon objectif est de ne pas livrer le pays aux extrêmes », faisait-il alors valoir. Sur France Inter, il se disait « plutôt favorable à une primaire » ouverte, prêt à soutenir quiconque en sortirait désigné : « Peu m'importe la méthode. »
Le rassemblement en quête d'incarnation
Le refus du président du Sénat laisse donc intacte l'équation qui tourmente le bloc central : comment transformer une multitude d'ambitions en une candidature unique, alors que chacun des prétendants campe sur ses positions ? En mai, sur TF1, Gérard Larcher prédisait que les candidats « vont d'abord courir chacun dans leur couloir » avant un point d'étape à l'automne. L'automne est venu, et les couloirs restent pleins.
En choisissant de proposer publiquement un nom plutôt qu'une méthode, Yaël Braun-Pivet a pris le risque d'un désaveu immédiat. Il n'a pas manqué. À six mois du scrutin, la droite et le centre cherchent toujours leur candidat de rassemblement, et le temps presse, comme les deux présidents de chambre en conviennent chacun de leur côté.
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