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Moquée par Radio Nova sur le porc, Christine Kelly rappelle l'histoire de l'esclavage en Guadeloupe

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Raillée par Radio Nova pour avoir dit manger du porc, la présentatrice de Face à l'info a répondu jeudi : descendante d'esclaves guadeloupéens, elle a rappelé que ceux-ci ne mangeaient que les abats du cochon. Elle accuse aussi l'Arcom de chercher à la faire taire.

Christine Kelly dans son émission Face à l'Info du 29 octobre 2026, répondant aux attaques de Radio Nova. Source : CNEWS
Christine Kelly dans son émission Face à l'Info du 29 octobre 2026, répondant aux attaques de Radio Nova. Source : CNEWS

Moquée par Radio Nova pour avoir déclaré manger du porc, Christine Kelly a choisi de répondre de front. Sur le plateau de Face à l'info, jeudi, la présentatrice de CNews a conseillé à ses détracteurs de réfléchir avant de parler, en leur opposant une réalité historique que la station semblait ignorer : descendante d'esclaves de Guadeloupe, elle mange du cochon parce que ses ancêtres n'avaient rien d'autre à se mettre sous la dent.

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Une leçon d'histoire

Les esclaves guadeloupéens ne disposaient que des restes du cochon : le groin, la queue, les oreilles, les abats. Ce régime alimentaire, héritage de l'asservissement, s'est transmis dans les familles antillaises jusqu'à aujourd'hui. C'est cette mémoire que la journaliste, née au Lamentin en 1969, a convoquée face aux sarcasmes de la radio.

Elle a prolongé sa réponse sur X le même jour. « J'ai été élevée au cochon car les esclaves en Guadeloupe n'avaient que les restes du porc à manger… nous avons été élevés ainsi. Oreilles, queue de porc et groin… », a-t-elle écrit, ajoutant : « Le racisme tue. »

L'Arcom dans le viseur

La présentatrice a également visé l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. « Je dénonce l'Arcom qui ne cible pas ceux qui incitent à la haine. Mais veut me faire taire en faisant croire l'inverse. Eux, toujours impunis », a-t-elle déploré, laissant entendre que le régulateur traiterait de façon inégale les propos polémiques selon leur auteur.

La charge est lourde. L'Arcom, saisie régulièrement de signalements concernant les émissions de CNews, n'a en revanche jamais manifesté la même ardeur à l'égard de certaines antennes où les provocations contre des catégories entières de Français relèvent de la routine éditoriale.

Des railleries qui disent autre chose

L'épisode n'est pas isolé. Que la consommation de porc devienne un motif de moquerie publique n'est pas anodin, tant cette alimentation ordinaire sert parfois, dans certains quartiers ou dans certaines bouches, de marqueur d'hostilité aux Français « de souche » ou aux mécréants. Une réalité que la justice a elle-même eu l'occasion de sanctionner, comme lorsqu'un Algérien sous OQTF a été condamné à six mois ferme pour harcèlement de policiers, à coups de « sales blancs » et de « mangeurs de porc ».

Ancienne membre du CSA de 2009 à 2015, Christine Kelly connaît bien le fonctionnement de l'audiovisuel français et ses angles morts. En opposant aux quolibets la mémoire d'un peuple réduit à se nourrir des déchets de ses maîtres, elle a déplacé le débat là où ses contradicteurs ne l'attendaient pas : sur le terrain de l'histoire, où la plaisanterie de la radio paraît soudain bien déplacée.

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