Attentat de Trappes : la mère de Nahel et Assa Traoré en tête du rassemblement en hommage à Pengo Bossio Wangi
Par Dimitri Scudo
Dimanche 25 octobre, Mounia Merzoug, la mère de Nahel, s'est rendue à Trappes aux côtés d'Assa Traoré et des proches de Pengo Bossio Wangi, tué deux jours plus tôt lors d'une attaque à l'arme automatique revendiquée comme raciste par son auteur présumé.
Mounia Merzoug, la mère de Nahel, l'adolescent tué par un policier à Nanterre en juin 2023, est venue dimanche 25 octobre à Trappes (Yvelines) dénoncer l'attentat commis deux jours plus tôt dans cette commune. À ses côtés se tenaient Assa Traoré, figure du comité « Vérité et justice pour Adama », ainsi que des proches de la victime, Pengo Bossio Wangi, jeune Français de 26 ans d'origine congolaise et espoir du MMA, abattu vendredi 23 octobre.
Devant les personnes rassemblées, Mounia Merzoug a pris la parole. « On se battra, on lâchera rien », a-t-elle lancé, avant d'ajouter : « Quoi qu'ils disent, on est chez nous. » Des images de son intervention ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux, notamment par le compte d'Assa Traoré, qui avait appelé dès la veille à un rassemblement à Trappes.
À lire aussi : Attentat de Trappes : la photo de Kevin T. retirée du site de l'association France Palestine Solidarité · Bagui Traoré, frère d'Adama et Assa, interpellé à Dugny après une fausse identité et une tentative de fuite
Une tuerie revendiquée comme raciste
Les faits remontent au vendredi 23 octobre. Kevin T., 39 ans, avait alors ouvert le feu à l'arme automatique lors d'une course meurtrière de près de vingt minutes, tuant Pengo Bossio Wangi et blessant plusieurs personnes, dont une enfant de 12 ans. Interpellé à Coignières, le suspect s'est félicité, en substance, d'avoir « vengé les commerçants » en s'en prenant « aux Noirs et aux Arabes », selon les informations du Monde, obtenues de sources concordantes. L'homme affirme avoir agi en réaction aux débordements et aux pillages de magasins survenus lors des manifestations du 17 octobre. Un exemplaire de Mein Kampf a été découvert à son domicile.
Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête du chef « d'assassinats et de tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une race, une ethnie, une nation ou une religion. La garde à vue du tireur présumé a été suspendue après un examen psychiatrique, la toxicologie ayant révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang. L'enquête devra notamment établir le parcours de l'auteur présumé, dont le nom avait été associé par erreur, dans un premier temps, à des tracts politiques, ce que Le Monde a dû admettre.
Une victime au parcours tout en retenue
Né en France et élevé en foyer, Pengo Bossio Wangi enchaînait les petits boulots et s'entraînait depuis trois ans à l'ATCH Academy, un club de MMA d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où il « se dirigeait vers une carrière professionnelle », selon son fondateur Stéphane Chaufourier, cité par BFMTV. Ses proches décrivent un jeune homme « solaire, avenant, joyeux et drôle », « travailleur et déterminé », qui s'occupait des enfants de sa sœur. « Sur les tapis comme en dehors, il était de ceux qui donnent l'exemple », a écrit son club dans un hommage.
Minute de silence à l'Assemblée
Mardi 27 octobre, avant les questions au gouvernement, les députés ont observé une minute de silence en présence du maire de Trappes, Ali Rabeh, et de membres de la famille de la victime. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déclaré que « le racisme tue, la haine de l'autre tue », appelant à ce que « la République une et indivisible ne cède rien ».
Reste une question que le drame ne suffit pas à effacer : celle de l'appropriation du deuil. En apparaissant en première ligne aux côtés d'Assa Traoré, dont le comité a fait de chaque affaire un combat contre l'État et ses forces de l'ordre, Mounia Merzoug inscrit l'hommage à Pengo Bossio Wangi dans une continuité militante que n'avaient pas revendiquée les proches de la victime. Une mise en perspective qui intervient alors que l'attentat lui-même, perpétré par un homme isolé se prétendant vengeur des commerçants pillés, avait déjà donné lieu à des accusations croisées, y compris au sein de l'hémicycle, comme lors de la polémique suscitée par les propos d'Aymeric Caron.
Partenaires
Vous pourriez aussi aimer
Suite



